L’ouverture carnassier est toujours un moment attendu avec impatience. Cette année, entre obligations professionnelles et familiales, j’ai dû patienter quinze jours de plus avant de pouvoir retrouver enfin les brochets au bord de l’eau.
Une attente frustrante, mais qui rendait cette première sortie encore plus excitante. L’objectif était simple : retrouver les sensations, tester quelques nouveaux ensembles arrivés cet hiver et, avec un peu de réussite, croiser un joli poisson.
Mais cette ouverture décalée allait rapidement se transformer en véritable casse-tête…
Des conditions compliquées pour cette ouverture carnassier
Ce matin-là, les conditions météo étaient loin d’être idéales pour la pêche des carnassiers. Durant la nuit, les températures sont descendues jusqu’à 4°C avant de remonter brutalement à plus de 22°C dans la journée.
Un écart important que les poissons subissent de plein fouet, surtout en début de saison.
Avec ces conditions, le plan semblait pourtant cohérent :
- prospecter les plateaux du lac le matin,
- puis insister sur les bordures pendant les heures les plus chaudes.
Sur le papier, la stratégie avait du sens pour espérer trouver quelques brochets actifs et peut-être déclencher plusieurs touches.
Après presque trois mois sans véritable session carnassier, cette sortie était aussi l’occasion de reprendre le rythme avant les prochains guidages pêche brochet de la saison.
Prospecter et s’adapter
J’ai commencé la journée en peignant méthodiquement un grand plateau à l’aide de soft swimbaits.
Changements de vitesses de récupération, grammages différents, exploration des cassures… tout y passe pour essayer de trouver des poissons actifs. Le Fox Rage Replicant Jointed en 18/20 cm est idéal pour ce genre d’utilisation.
Mais rapidement, le constat s’impose : les carnassiers semblent absents du secteur.
En revanche, la vie est bien présente sous la surface.

Une activité impressionnante lors de cette ouverture carnassier… mais pas celle recherchée
Sur plusieurs bordures du lac, le calme matinal est régulièrement troublé par de gros remous. Les brèmes ont commencé leur frai et leur activité attire rapidement d’autres prédateurs.
Au sondeur, j’aperçois plusieurs silures en maraude, dont un joli poisson estimé autour d’1m50.
Clairement, toute cette agitation ne laisse personne indifférent.
Mais concernant les brochets recherchés ce jour-là, c’est toujours le désert.
Je décide alors de changer complètement d’approche.
Direction les bordures
Face au manque d’activité sur les plateaux, je me concentre désormais sur les bordures et les zones plus chaudes.
Je multiplie les dérives, alterne les leurres et insiste sur différentes profondeurs, mais les résultats restent les mêmes : aucune touche.
En observant la présence importante des silures autour des zones de frai, je me demande même si ces gros prédateurs ne perturbent pas complètement le comportement des brochets.
Les heures passent rapidement et, à 11h30, la filoche est toujours désespérément vide.
Changer de stratégie pour débloquer la situation
Comme le dit le proverbe :
« N’aie pas peur d’avancer lentement. Aie peur de rester immobile. »
Il est temps de tenter autre chose.
Je range alors les nouveaux ensembles prévus pour cette ouverture et sors la PPS 66H, une canne arrivée récemment dans mon rack que canne qui est montée par Rodhouse.
Un ensemble avec lequel j’avais déjà pris beaucoup de plaisir cet hiver lors de sessions verticales lourdes en Seine.
Retour sur le plateau et ses cassures pour proposer de gros leurres proches du fond, tel que le Westin Twinteez Pelagic en 21cm.
La verticale reste souvent une excellente solution lorsque les brochets sont peu actifs.
Et cette fois, le changement paie rapidement.
Une touche qui relance complètement la journée
Sous les palmes du bateau, un poisson décollé du fond suit discrètement le leurre.
Grâce au Garmin 92 SV et sa technologie Livescope rentré récemment aussi, impossible de manquer sa présence.
Quelques secondes plus tard, une touche nette vient enfin casser cette longue période de doute.
Le premier poisson de la saison rejoint rapidement l’épuisette : un brochet d’environ soixante centimètres.

Rien d’exceptionnel en taille, mais suffisamment pour débloquer le compteur et relancer complètement la motivation.
Malheureusement, malgré plusieurs passages et différents leurres, le secteur ne donnera rien de plus.
Le brochet de la délivrance
La suite de la journée ressemble à une longue traversée du désert.
Sous un soleil désormais bien installé, je décide de prospecter des herbiers disséminés dans trois mètres d’eau.
Mais encore une fois : aucune activité.
Vers 19h, dernier changement de secteur. Je prends la direction d’un bras mort de Seine et commence à pêcher les bordures entre la première et la deuxième cassure.
Le spot respire la vie :
- Énormément de nourriture,
- Des structures intéressantes,
Mais toujours aucun carnassier en chasse !
Je décide alors de ressortir les grosses têtes plombées accompagnées d’un Slick Finesse en 16 cm de chez Fox Rage.
À proximité d’une structure, j’aperçois au sondeur ce qui ressemble d’abord à une grosse branche posée sur le fond.
Puis cette “branche” se décolle lentement… et se dirige droit vers mon leurre.
L’adrénaline monte autant que mon leurre dans la couche d’eau.
La touche est lourde, brutale, suivie d’un ferrage appuyé.
Dans l’excitation, j’active accidentellement le débrayage du moulinet en repositionnant ma main. Pendant une seconde, c’est la panique.
Heureusement, le réflexe de bloquer la bobine avec le pouce me permet de reprendre rapidement le contrôle.
La PPS encaisse parfaitement les coups de tête du poisson tandis que le frein chante régulièrement.
Après un très beau combat, le brochet finit enfin dans l’épuisette.
Un poisson magnifique, mesuré à 96 cm.
Quelques photos rapides avant une remise à l’eau immédiate pour ce superbe poisson qui sauve complètement cette ouverture carnassier particulièrement difficile.

Bilan de cette ouverture carnassier
Cette session ouverture carnassier restera comme une journée exigeante où il aura fallu constamment réfléchir, s’adapter et changer d’approche pour réussir à trouver les poissons.
Des conditions compliquées, très peu d’activité et une pêche technique du début à la fin.
Mais c’est aussi ce qui rend ces captures encore plus marquantes.
La pêche du brochet réserve souvent ce genre de scénario : des heures de doute qui peuvent basculer en quelques secondes sur une rencontre inoubliable.

Envie de vivre ce type de session sur l’eau ?
Je propose des sorties guidées dédiées à la pêche des carnassiers aux leurres, adaptées aussi bien aux pêcheurs débutants qu’aux passionnés souhaitant progresser techniquement.
Si vous souhaitez découvrir la pêche du brochet en lac ou en Seine et partager ce genre de moment sur l’eau, il reste encore quelques disponibilités pour les prochaines semaines.
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A bientôt au bord de l’eau !
» Jérém Fish And Tricks «
